L’Agora reçoit Nicolas Dupont-Aignan

La droite aux multiples visages

Le 25 septembre dernier, L’Agora recevait à sa tribune Nicolas Dupont-Aignan pour une conférence sur le thème « La droite aux multiples visages ». Estimant que le clivage gauche/droite est désormais obsolète, l’homme politique a insisté sur les valeurs qui fondaient originellement la droite et en lesquelles il continue de croire : « la force du travail et du mérite, d’une France qui travaille et redistribue les richesses en relocalisant les emplois ». Il s’agirait selon lui d’un « patriotisme humaniste ». Pour Nicolas Dupont-Aignan, plutôt que de parler d’union des droites, il faut appeler à « l’union des patriotes ».

Allié à Marine Le Pen au second tour, l’ancien énarque est revenu sur ce choix politique, en affirmant avoir vécu « un enfer médiatique, politique, et familial ». Il s’agissait avant tout de trouver un compromis pour ne pas laisser « en apesanteur, exclus, ces six millions d’électeurs qui voulaient redonner sa liberté démocratique à la France, sa place d’exception dans le monde, car c’est ça qui fait gagner le système. » Néanmoins, le fondateur du parti Debout la France a insisté sur son désaccord total avec certains points du programme du Rassemblement National, même si le parti a « évolué », et que « la grande peur de l’extrême droite est dépassée ». 

Nicolas Dupont-Aignan est ensuite revenu sur les enjeux de la démondialisation, et plus particulièrement sur la nécessité de trouver un équilibre entre patriotisme et mondialisation. Il a notamment insisté sur des mesures économiques en faveur de la relocalisation des emplois, comme un bonus fiscal accordé aux chefs d’entreprises produisant en France, la valorisation du Made in France, et la baisse des aides sociales plutôt que celle des retraites.

Interrogé sur le thème de l’immigration, Nicolas Dupont-Aignan a ensuite décrié le communautarisme qui se serait, selon lui, installé en France, et a plaidé en faveur de l’assimilation comme objectif à atteindre. Il a notamment souligné la nécessité d’embrasser les lois et les valeurs de l’hexagone : « La France est une terre d’accueil, et l’immigration peut être une chance, mais si on veut voiler sa fille, ce n’est pas ici mais en Arabie Saoudite qu’on va s’installer ». Et en ce qui concerne la construction de murs, comme celui du Mexique ? « C’est terrible qu’on doive en arriver là pour redresser le tir, mais s’il n’y a pas de vraies frontières, alors oui, on a des murs, c’est dommage mais je comprends. »