L’Agora reçoit Nelson Monfort

La voix du sport

Le 11 février dernier, l’Agora recevait Nelson Monfort à sa tribune. Au cours de l’entretien, le journaliste sportif a traité, avec humour, divers sujets. Des moments clés de sa carrière aux possibles dérives du sport, l’invité n’a pas hésité à nous partager plusieurs anecdotes sur les coulisses des interviews.

Tout d’abord, le célèbre journaliste, lorsqu’on lui pose la question de son parcours surprenant, ne peut que répondre qu’il est avant tout un homme de passion qui a tout simplement « toqué à la porte », sans avoir aucun réseau. Toutefois, cela ne l’a pas empêché de devenir un des journalistes sportifs les plus reconnus de la profession. Il se considère avant tout comme un « passeur d’émotion », ce qui lui permet de capter la sincérité d’hommes mais aussi de femmes dans des sports qui n’ont pas encore été touchés par la surmédiatisation.

Il devient évident, au cours de l’entretien, que Nelson Monfort a une opinion tranchée sur son métier. Il trouve le terme de journaliste sportif « réducteur », c’est un journalisme comme les autres qui n’est « ni meilleur, ni moins bien » que les autres. Il exerce donc son métier sans pour autant délaisser l’art ou la musique qui sont d’autres centres d’intérêt, d’autres facettes de sa personnalité.

D’ailleurs, outre la passion du sport, c’est l’amour donné au public et aux sportifs qui l’anime. « Les gens se sentent bien quand on les aime ». Il nous confie, alors, son affection pour Pierre Ambroise Bosse ou Rafael Nadal, deux athlètes qu’il distingue pour leurs qualités humaines et sportives. Pourtant il ne fait pas de hiérarchie. Après tout, « la plus belle interview peut toujours être la prochaine », dit-il, avec le sourire.

Il n’en faudra pas plus au journaliste pour qu’il revienne sur les moments marquants de sa carrière. Il cite d’abord les Jeux Olympiques de Londres où s’accumulaient la ferveur des supporters, une grande culture sportive et un patrimoine londonien époustouflant. Il faut aussi apprendre à sortir du stade et contempler les alentours. Il revient aussi sur l’interview de Carl Lewis en 1992 ou encore le suivi du parcours d’Usain Bolt. « Les grands Hommes sont souvent les plus simples », explique-t-il.

Quant à l’avenir du sport et du journalisme sportif, le journaliste dresse un constat assez pessimiste. Il déplore les « fléaux sociaux », la paranoïa provoquée par eux, l’autocensure de certains médias. Il est plus que critique face à la menace des paris sportifs et de la corruption, de l’isolation des athlètes et du dopage. Néanmoins, il apporte la nuance, disant que certains avaient beaucoup d’éthique et protégeaient les sportifs. Il pense notamment aux organisateurs du Tour de France refusant l’offre séduisante de TF1 pour ne pas décaler d’horaires.

Finalement, c’est par une anecdote sportive  et un message d’espoir que Nelson Monfort clôt la conférence. Il y évoque une erreur de traduction célèbre, celle de l’interview de Michael Chang, qui l’avait beaucoup touchée sur le moment mais il ne faut pas oublier « tout ce qui vous semble terrible sur le coup, ne l’est pas tant que ça, on s’en souvient en souriant ».