L’Agora reçoit Jean-Michel Aphatie

L’Agora reçoit Jean-Michel Apatie

Jean-Michel Aphatie, le journaliste refusant tout pouvoir aux médias.

 

 Lundi 7 mars, L’Agora recevait Jean-Michel Aphatie pour une conférence sur le thème : «  Médias et politique : les liaisons dangereuses ? ». La vision du chroniqueur politique sur la question n’a pas manqué de surprendre l’auditoire.

Pour Jean-Michel Aphatie, le constat est sans appel : les médias ne manipulent personne. Et même s’ils le voulaient, ils ne le pourraient pas. Car d’après lui, cacher une vérité ou donner un avis biaisé est le suicide assuré pour un journaliste. Ce qui a été dissimulé par l’un sera inévitablement révélé par un autre. Une fois la supercherie rendue publique, c’est le média concerné qui perd toute crédibilité et, fatalement, toute recette publicitaire. Les exemples pleuvent selon notre invité. Comment, en effet, Jean-Marie Le Pen a-t-il pu passer au second tour des élections présidentielles de 2002 alors que tous les médias semblaient s’être ligués contre lui ? Comment expliquer le fait que Mitterrand se soit donné tant de mal à cacher son cancer s’il est si facile de mentir à la population ?

Pourtant, malgré cette évidente transparence des médias, le chroniqueur d’Europe 1 soutient que le journalisme est vu d’un mauvais œil par bon nombre de citoyens. Mais il ne le dénonce pas. Il y trouve au contraire de quoi se rassurer : cette méfiance est l’assurance que la manipulation n’aura jamais lieu. « Le pouvoir des médias est nul, et c’est bien ainsi » affirme-t-il.

L’ancien membre du Grand Journal a ensuite mené la charge contre l’écueil que constituent les attaques gratuites pour un journaliste. Prenant l’exemple de l’affaire Cahuzac, Jean-Michel Aphatie s’est indigné du fait que bon nombre de médias aient pu demander à l’ancien ministre du Budget de prouver son innocence, sans dévoiler au préalable des éléments sérieux justifiant les soupçons qui planaient sur lui.

Mêlant son analyse à de diverses anecdotes, Jean-Michel Aphatie a su tenir son public en haleine et a tenté de réconcilier les plus réticents avec l’idée qu’un journalisme transparent et au service des Français puisse exister. Certains diront que la langue de bois a parlé, d’autres que le journalisme n’est finalement pas si malhonnête.